Bienvenue à Philoland, la philosophie autrement
CONTACT
 

 

 

Vous êtes ici sur Philoland Accueil arrow Philo-Dîner arrow Les dîners précédents arrow soirée René Girard . mars 2008

On parle de nous...

soirée René Girard . mars 2008

Voici quelques éléments bibliographiques sur l'oeuvre de Girard.

A noter également un excellent site sur la pensée de Girard et en particulier sur la théorie de désir mimétique  http://www.cottet.org/girard/index.htm 

Mensonge romantique et vérité romanesque, Grasset, 1961
Il faut impérativement commencer la lecture de Girard par ce premier livre, même s'il n'est pas obligatoirement le plus accessible. C'est là que le mécanisme du désir mimétique est entièrement révélé et démonté. Beaucoup de choses qui seront abordées par la suite, notamment dans l'anthropologie de La violence et le sacré, ne pourront être correctement appréhendées que si l'on a bien saisi les rapports composant le triangle sujet-modèle-objet, la façon dont Girard envisage la médiation interne, la transfiguration de l'objet, la contagion des rivalités et l'effondrement des différences. Mensonge romantique, vérité romanesque est le fondement théorique incontournable de l'oeuvre de René Girard, mais c'est aussi un époustouflant et novateur exercice de critique littéraire.

 

La violence et le sacré, Grasset, 1972
Les hypothèses mises en lumière à partir du romanesque dans MRVR peuvent-elles être retrouvées dans les textes les plus anciens de l'humanité ? Prenant appui sur la tragédie grecque, René Girard va dégager l'identité entre violence et mimésis. Dès lors, comment les hommes ont-ils pu échapper à la circularité exponentielle et destructrice de la vengeance ? La réponse de René Girard est sans équivoque : en retournant la violence collective née d'une crise paroxistique des différences sur un seul, la victime émissaire et en investissant cette dernière, à la fois de la responsabilité de la crise et de sa résolution, créant ainsi l'ambivalence du sacré. Ouvrage bien entendu incontournable puisque Girard nous y propose une explication simple de la création de l'humanité par elle-même, tout en dégageant deux nouvelles hypothèses riches de développements futurs : la crise sacrificielle et le principe de méconnaissance, qui conditionne l'efficacité du mécanisme victimaire.
 

Des choses cachées depuis la fondation du monde, Grasset, 1978
Ce livre d'entretiens est d'abord un complément de l'anthropologie développée dans VS. René Girard revient sur les aspects les plus contestés de sa théorie générale de la culture, éclairant ainsi certains passages de La violence et le Sacré, ouvrant également de nouvelles voies aux hypothèses mimétiques. Il est aussi le livre dans lequel René Girard entend démontrer la spécificité du message évangélique, longuement préparé par l'Ancien Testament. La prédication du Christ serait la seule à avoir dévoilé l'origine violente de l'humanité et sa perpétuation culturelle. L'échec de la prédication et la Passion, qui sacrifie le plus innocent de tous, ouvrirait la voie à la lente connaissance de la méconnaissance du mécanisme victimaire. A mon avis, c'est un livre extrêmement difficile, susceptible de perturber gravement des lecteurs qui n'auraient pas pris le soin de lire et comprendre au prélable MRVR et VS.
 

Le Bouc émissaire, Grasset, 1982
En étudiant les textes dits "de persécution", René Girard montre le lent travail de décomposition de la méconnaissance imputable selon lui à la révélation évangélique. Dans ses premiers chapitres, c'est un ouvrage extrêmement polémique, où Girard répond à un certain nombre de critiques apparues à la lecture de VS mais surtout de DCC. En cela, Le Bouc émissaire qui, pour beaucoup, a été le point d'entrée dans l'œuvre de René Girard, me paraît être un livre susceptible de faire passer le lecteur à côté de l'essentiel si l'on commence par lui. Ceci explique peut-être, en grande partie, l'orientation des intérêts et débats actuels vers la seule problématique évangélique, au détriment du travail théorique accompli dans MRVR et VS

 Shakespeare : les feux de l'envie, Grasset, 1990
Dans le cas de Shakespeare, comme le note René Girard dès les premières pages de cet ouvrage, contentons-nous de suivre le poète. Ce dernier a placé le désir explicitement mimétique au cœur des Deux gentilhommes de Vérone et Le viol de Lucrèce, qui ouvrent cette incroyable lecture. Dans la suite de son œuvre, Shakespeare aurait préféré dissimuler sa connaissance du désir médiatisé, la plaçant à un autre degré de lecture de ses pièces. C'est à cette lecture que nous convie René Girard, renouant ainsi avec ses grandes analyses littéraires. C'est un livre... d'une élégance rare. 

La Route antique des hommes pervers, Grasset, 1985
René Girard déconstruit l'histoire de Job telle qu'elle nous a été rapportée par la Bible. Sa nouvelle lecture permet de mettre en lumière les composantes désormais classiques de la crise sacrificielle et de la victime émissaire. L'histoire de Job est exemplaire car celui-ci, victime émissaire dans une situation assez semblable à celle d'Œdipe, refuse d'épouser le discours de ses persécuteurs, brisant ainsi l'unanimité violente indispensable à l'efficacité du mécanisme victimaire. Par la "réévaluation" de cette figura Christi, incomprise dès l'origine par des chercheurs qui sont une nouvelle fois malmenés par notre auteur, René Girard réaffirme la spécificité du message judéo-chrétien dans ce nouvel affleurement d'un Logos non violent, celui du Dieu des victimes.
 

 
< Précédent

Contact | Remarques sur la confidentialité | Copyright © 2008 Graphite - Philoland