Décembre 2008 : La société est-elle un bien pour l'homme ?

La petite société des convives aux dîners de Philoland clôt l’année en réfléchissant sur le vivre ensemble.
La société est-elle un bien pour l’homme ? interroge Sophie en convoquant à ce dernier rendez-vous de 2008 Aristote, Rousseau et Hobbes. ![]() ![]()
Si tout le monde s’accorde sur une définition générique de la société, soit une association d’individus qui constituent le milieu où chacun s’intègre et interagit, la notion de « bien pour l’homme » est plus disputée. « La société nous contraint » relève d’emblée Marie-Jo, qui semble regretter qu’elle soit un « mal nécessaire ». L’homme, cet « animal politique », selon Aristote, a-t-il perdu sa liberté en sortant de la Nature, comme le suggère Rousseau ? Autour de la table, les exemples fusent : l’esclavage, la servitude, la misère sont inséparables de l’état social. « L’homme est un loup pour l’homme » affirme Hobbes.
Marc remarque qu’il n’y a pas d’individu humain dont l’individualisation ne renvoie pas à la culture dans laquelle il s’inscrit.Faut-il alors ne voir dans l’individu que le reflet mécanique de la société et de ses institutions ? Monique reste optimiste et n’entend pas renoncer à l’idée de progrès social nourri par l’aspiration de l’homme à la société idéale.
Il n’y aurait donc pas d’opposition fondamentale ni de conflit d’intérêts entre l’individu et la société, entre les choix personnels et la nécessité d’une organisation collective. Comme le remarque Marie-Jo, « la société a besoin de l’homme et l’homme a besoin de la société. »
Laurence dit s’accommoder de cette loi du compromis, « puisqu’il reste encore assez d’espace pour créer une sorte de cité idéale ». Et de citer l’art en exemple… Enfin, en forme de conclusion, Marc prend de la hauteur et constate que « ce qui sauve l’être humain qui n’a qu’une mémoire, c’est que la société à une histoire ».
Les textes 'supports' à la réflexion :
«Il est évident que la cité est un fait de Nature, que l’homme est par nature un animal politique » ARISTOTE, LES POLITIQUES
« L’origine des plus grandes et des plus durables sociétés ne vient point d’une réciproque bienveillance que les hommes se portent, mais d’une crainte naturelle qu’ils ont les uns des autres.(…)L’homme est un loup pour l’homme » Hobbes, Le citoyen
« Misère de l’homme sans mission ni consécration sociale. » P.Bourdieu.Leçon sur la leçon
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