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AVRIL 2008 dîner philo

Thème de la soirée du 17 avril 2008 : La révolte et l'espoir. 

Faut-il associer l'espoir à la révolte ? Qu'est-ce qu'un révolte sans espoir ? L'espoir est-il le moteur de la révolte ? 

Thème d'actualité et choisi en conséquence. 

Présent à cette soirée une douzaine de participants impatients de discuter de ce thème riche en actualité. Je précise ( mais était-ce bien nécessaire ?) l’exigence philosophique et non polémique de la discussion qui s’engage …
Pour commencer, le traditionnel ‘tour de table’ qui permet à chacun (s’il le souhaite ou le peut )  de nous livrer son approche du sujet. Moment intéressant qui indique les analyses individuelles et les pistes de réflexions de la soirée.

-D’emblée, MAI 68 émerge de la discussion : moment de prise de conscience politique  pour certains, c’est aussi un souvenir qu’on ne doit pas caricaturer. Ne pas oublier la révolte mais ne pas renier la tradition.
-Ne faut-il pas mettre une limite à la révolte ? N’y a-t-il pas une utopie du révolté. Se révolter, dans quel but ? et de quelles manières ?
Importance de la distinction entre un espoir fécond et un espoir stérile.
-( deux participants souhaitent passer leur tour ).
-L’espoir est une attente, une forme d’idéalisme.Ne sommes nous pas tenter d’idéaliser la révolte et ainsi de s’échapper du réel .Témoignage personnel d'une participante qui évoque sa révolte contre la révolte des révoltés. Contre l'intolérance...
-Puis une distinction s’impose entre révolte et révolution . Enjeu individuel ou collectif, opposition à l’injustice sous toutes ses formes ou à un régime politique.
-Mai 68 à nouveau et l’idée de la prise de parole puissante et essentielle de 68. Evocation d'une autre révolte, la révolte quotidienne qui s’impose à nous.
-La question du sacrifice est soulevée.Ne doit-on pas toujours sacrifier quelque chose pour se révolter.
La révolte suppose l’action. La révolte est un état, une réaction face à l’injustice. L’homme révolté est l’homme qui dit non. On se révolte face à l'injustice, contre la maladie, la misère…Sentiment de révolte et acte de révolte.
 
Cependant, ne devons nous pas nous interroger sur l’idée de résignation et de sa nécessité.
 La révolte est utile mais parfois elle est impossible, les obstacles s’opposent à nos actions. Si le rapport de force est en faveur du pouvoir, que vaut la révolte ?( la raison du plus fort …)
Face à cette problématique, nombre de participants se‘révoltent’ ; non ! pas de résignation possible,  la lutte, le combat, comme énergie vitale et nécessaire à la condition humaine. Aussi, est-il important de rappeler ceci : la résignation n’est pas morale mais s’impose à celui qui n’a pas le choix.
De la révolte nécessaire à la révolte comme devoir (Sartre), nous évoquons nombre de problématiques de la Révolte: légitimité, nécessite, devoir...
Evocation des 'oubliés ' de la révolte, ceux qui ne peuvent plus se révolter, par peur, par manque de liberté. Car pour se révolter, il faut être libre .
La discussion s’engage à nouveau sur Mai 68, certains y étaient, (Sorbonne, pavés et barricades…) et leur expérience nous apporte une autre approche des faits : peur au ventre , danger face à la police... Les témoignages éclairent la réalité  oubliée ou caricaturée.

Tour de table  pour tenter de conclure ( vaine tentative, la discussion se poursuivra au delà du repas…)

-Il y a une continuité entre révolte, contestation et espoir.’ Etre toujours en éveil  est une ligne de vie’.
-Dans la mesure du possible, rester vigilant et combatif en gardant l’espoir de changer les choses. Energie et vitalité dans la lutte, jouissance dans le combat.
-Une part de la révolte c’est de ne pas permettre l’usure de l’espoir et de la foi, c’est un devoir envers soi- même.C’est le devoir de l’espoir ;
-Il ne faut pas renoncer à aimer son prochain.
-J’ai quelques difficulté avec le sujet( ou avec mai 68)Le révolté c’est Gavroche, le révolté c’est le résistant.
-Prendre garde à ce que la révolte ne tourne pas en dictature.S’interroger sur la notion d’espérance( qui vérifie la nature de l’espoir)
-J’envisage une autre manière de résister er de se révolter.Et je pense à Chopin qui dans sa musique exprime le sentiment intérieur de révolte.
-Tout est dit, ne pas sous estimer ,peut être la notion de sacrifice et s’interroger sur les motivations de la révolte.
-Par Mai 68, s’est forgée une génération de révoltés mais aussi une génération d’espoir ( dans un changement social)
- A chacun son mai 68 !!!...
 

LES TEXTES DE LA SOIRÉE 

« ]toute opposition au pouvoir législatif suprême, toute révolte destinée à traduire en acte le mécontentement des sujets, tout soulèvement qui éclate en rébellion est, dans une république, le crime le plus grave et le plus condamnable, car il en ruine le fondement même. Et cette interdiction est inconditionnelle, et il n’en demeure pas moins qu’il n’est absolument pas permis au sujet de résister en opposant la violence à la violence. En voici la raison : c’est que dans une constitution civile déjà existante le peuple n’a plus le droit de continuer à statuer sur la façon dont cette constitution doit être gouvernée. Car, supposé qu’il en ait le droit, et justement le droit de s’opposer à la décision du chef réel de l’Etat, qui doit décider de quel côté est le droit ? »   KANT

"C'est reposant, la tragédie, parce qu'on sait qu'il n'y a plus d'espoir, ce sale espoir. " Jean Anouilh

"La souffrance use l'espoir et la foi."  Albert Camus

 Pour aller plus loin...

L'homme révolté


 

 

 

 

 

 
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